Axe 1 – Séminaire « Pensées plurielles du singulier. Cas, exemples, exceptions »

 

Le thème du séminaire du Centre pour les années académiques 2019-2020, 2020-2021 et 2021-2022 sera le suivant : Pensées plurielles du singulier. Cas, exemples, exceptions.

 

Ce thème pourra être déployé selon (au moins) deux directions complémentaires.

La première est d’ordre épistémologique et méthodologique. Il s’agit de déplier, dans le champ de la philosophie et des études littéraires – les deux domaines de recherche privilégiés du Centre Prospéro –, mais également dans d’autres sciences humaines, ce que signifie, pour reprendre le titre de l’ouvrage dirigé par J.-Cl. Passeron et J. Revel, « penser par cas »[1]. Confronté à la théorie, un cas singulier peut tout aussi bien faire figure d’exemple que d’exception : tantôt il assumera le rôle de preuve ou d’illustration pour la théorie qu’il contribuera à fonder, la question étant alors de savoir comment passer du cas à la généralisation ou de l’hypothèse théorique à son exemplification ; tantôt au contraire, le cas singulier se présentera comme un obstacle épistémologique par rapport au paradigme théorique : problème, exception, énigme, voire aberration, il impliquera un moment de rupture, d’indécidabilité ou même d’incompréhension dans le cours de la pensée ou de la recherche. Il s’agira donc d’explorer la tension féconde entre le général et le particulier dans la construction du savoir en s’interrogeant sur le statut de vérité du cas et sur les principes d’une science fondée sur la description, l’interprétation, l’évaluation ou l’exploration de la singularité.

Selon ce premier axe de travail, les intervenants pourront soit s’emparer de la question épistémologique d’une manière générale, soit exposer comment telle ou telle singularité – qui peut être une œuvre littéraire ou artistique – a constitué pour eux une pierre de touche, corroborant, infléchissant ou subvertissant un élément de théorie ou un savoir général et abstrait. Ils pourront également explorer de quelle manière la confrontation de la pensée au singulier peut s’avérer être un vecteur d’interdisciplinarité, en ce sens qu’elle constitue un point de rencontre épistémologique et méthodologique entre les sciences humaines, et même entre les sciences humaines et les sciences dites « exactes ».

La seconde direction est d’ordre théorique ou spéculatif et consiste à travailler le concept de singularité en tant que tel. Nul doute qu’aujourd’hui, les concepts de « singularité » et de « singulier » connaissent un engouement certain, non seulement en philosophie mais également dans de nombreux champs des sciences humaines. Mais reçoivent-ils toujours une acception clairement définie ? Notre séminaire se donnera pour ambition d’explorer cette question. En ce sens, on se demandera par exemple quel est le rapport entre singularité et subjectivité – une singularité est-elle une forme de subjectivité vidée de tout substantialisme ou de tout psychologisme, une subjectivité « impersonnelle », comme disait Deleuze[2] ? – ou encore, le rapport entre singularité et événement – toute singularité est-elle événementielle ? Tout événement constitue-t-il une rupture, un élément de discontinuité dans l’ordre continu du temps ? On s’interrogera en outre sur ce qui lie la singularité à la différence, comme cas particulier ou comme principe de différenciation, ou encore sur le rapport que des singularités peuvent créer entre elles et qui échappe au rapport du singulier à l’universel – singularités et répétition, singularités et série, singularités et catégorie, etc.

Au sein de ce second axe de travail, les intervenants pourront bien évidemment, s’ils le souhaitent, laisser une place à la réflexion esthétique et poétique : il s’agira alors de penser l’œuvre esthétique ou artistique comme une singularité radicale, que sa forme rend irréductible à toute autre, ce qui ne l’empêche pourtant pas de rentrer dans certains types de dialogue avec le général – le rapport de l’œuvre singulière au genre, par exemple, ou encore de l’œuvre à la théorisation.

 

[1] PASSERON (J.-Cl.) et REVEL (J.), Penser par cas, ou comment remettre les sciences sociales à l’endroit, Paris, Éditions de l’École des Hautes Études en sciences sociales, 2005.
[2] Il est bien entendu que cet auteur est cité à titre d’exemple et ne constitue en aucun cas une référence incontournable dans la perspective de notre séminaire.

11
octobre

Séminaire Prospéro - François Ost (USL-B), Entre cas et règle, comment dire le droit?

– 11/10/2019 – de 14:00 à 17:00

Local P61, Université Saint-Louis – Bruxelles

22
novembre

Séminaire Prospéro - Martin Rueff (Université de Genève), La grammaire des cas

– 22/11/2019 – de 14:00 à 17:00

Local P61, Université Saint-Louis – Bruxelles

6
décembre

Séminaire Prospéro - séance de travail interne

– 06/12/2019 – de 14:00 à 17:00

Salle du Conseil, Université Saint-Louis – Bruxelles

10
janvier

Séminaire Prospéro - Florent Coste (Université de Lorraine), La tentation idiographique des études littéraires

– 10/01/2020 – de 14:00 à 17:00

Local P61, Université Saint-Louis – Bruxelles

1 2

Axe 2 – Projet ARC « Philosophie critique de l’à-venir. Temporalité, imagination, utopie »

 

Ce projet, mené en collaboration avec le centre ESPHIN de l’Université de Namur, s’inquiète de la dimension critique de notre rapport à l’à-venir. Ou, pour le dire autrement, il vise à étudier (y compris en les croisant) les différentes modalités de la puissance critique générée par la dimension projective de notre temporalité vécue, que ce soit individuellement ou collectivement. L’hypothèse qui sous-tend la recherche consiste en ceci que le couple conceptuel « continuité-discontinuité », très présent dans la philosophie moderne et contemporaine, fût-ce de manière implicite, est le plus à même de libérer cette puissance critique. Pour autant, l’analyse devra faire également droit à la capacité de la pensée philosophique à étouffer cette puissance lorsqu’elle déséquilibre la dialectique de la continuité et de la discontinuité au profit d’un des deux termes. Le projet consistera donc, en ses différentes composantes (axes et équipes de recherche), à dresser une cartographie des refus de la puissance critique et à dessiner les conditions de cette dernière – dans les deux cas : à même le schème continuité-discontinuité, dans les dissensions et intrications de ses termes.

L’enquête commencera par la temporalité elle-même (premier axe de recherche). Il s’agira ici d’investir d’abord les traditions phénoménologiques et herméneutiques, tout en laissant une place à d’autres perspectives théoriques qui permettent d’aborder de façon exemplaire le schème continuité-discontinuité – par exemple la controverse entre Bergson et Bachelard. On privilégiera la façon dont différents philosophes (Ricœur, Derrida, Henry, Levinas etc.) ont réceptionné les travaux de Husserl sur la conscience intime du temps. Une attention toute particulière sera portée à la façon dont ces auteurs reprennent et déplacent certaines des distinctions conceptuelles fondamentales qui structurent l’analyse husserlienne sur le temps, en particulier celles entre rétention et souvenir secondaire ou entre protention et projet conscient. Le maintien ou le déplacement de ces distinctions conceptuelles met en jeu à chaque fois un type de rapport entre continuité et discontinuité qui engage systématiquement une certaine façon d’articuler rapport au passé et rapport au futur. Sur fond de ces analyses, il s’agira d’établir rigoureusement le type de rapport à l’avenir qui est impliqué par tel ou tel type d’articulation entre continuité et discontinuité et de dégager ainsi les conditions à même la structure temporelle d’une projection critique dans son rapport au présent, en prenant en considération également la dimension de la narrativité et de la discursivité.

Mais dans cette conscience intime du temps, éminemment dans son rapport à l’avenir, l’intentionnalité est multimodale et implique aussi bien l’imagination que la perception ou la signification, ces trois modes se recouvrant de façon à chaque fois variée dans les actes de conscience. Le mode imaginatif de l’intentionnalité, prenant lui-même des formes diverses et complexes (conscience d’image, présentifications etc.), ouvre au rôle – à même un présent pétri d’absence – de ce qui n’est pas donné en chair et en os et ainsi complexifie le présent, tantôt participant à sa constitution, tantôt la mettant potentiellement en crise. Ainsi, la crise ou la critique du présent que « joue » l’imagination se situe à la fois dans une co-originarité avec la perception du présent et au-delà de celui-ci (deuxième axe de recherche). Partant de ce principe de co-originarité constituante et critique, une enquête archéologique sera menée sur les différentes philosophies modernes de l’imagination pour explorer les modalités selon lesquelles elles mettent en œuvre ou étouffent la puissance critique de cette co-originarité. De nouveau, on mobilisera le schème continuité-discontinuité pour établir dans un premier temps une cartographie critique de la mise en œuvre par les théories de l’imagination d’une telle dialectique ou de la neutralisation de cette dialectique par distension entre les termes. L’enquête débutera avec la Renaissance pour se projeter jusqu’au XXème siècle, sans prétendre, pour autant, à une illusoire exhaustivité. On s’attachera à quelques moments phares de l’histoire complexe de la philosophie moderne de l’imagination qui permettront de mettre à l’épreuve l’hypothèse sur l’opérationnalité du schème. Au-delà de cette indispensable cartographie critique, on portera une attention toute particulière à deux pensées de la co-originarité de la perception et de l’imagination qui paraissent pousser au plus loin la puissance critique de la projection imaginative en articulant continuité et discontinuité : on convoquera la pensée de Gaston Bachelard pour montrer comment, à l’opposé du cliché qui voudrait que celle-ci fût irréductiblement binaire (philosophie des sciences versus poétique des images), la philosophie de l’imagination de Bachelard naît de ses investigations épistémologiques mêmes et surtout de la prise de conscience du fait que l’on ne peut comprendre l’acte scientifique que dans sa dimension historique, entre continuité et discontinuité. La pensée de l’imagination se déploie alors à partir du schème continuité-discontinuité investi par son épistémologie historique. Dans le prolongement d’une telle investigation, On sera amené à faire droit également au « discontinuisme » épistémologique d’un Foucault. Le second auteur qui sera privilégié n’est autre que Cornelius Castoriadis. Le rôle que celui-ci attribue à l’imagination dans l’institution de la société nous permettra d’explorer la puissance critique du schème continuité-discontinuité dans la portée sociale-historique de l’imagination et d’ouvrir ainsi notre champ de recherche à la temporalité collective et à l’histoire.
Cette nouvelle ouverture a deux conséquences sur la construction du projet. D’une part, elle permet de revenir avec fruit sur le premier axe, celui de la temporalité : les acquis concernant la puissance critique de l’imagination doivent être en retour remobilisés pour creuser le rôle de l’absence, du non-advenu dans la construction de la temporalité et tout particulièrement de la projection qui la constitue. D’autre part, l’ouverture à la question du social-historique esquisse déjà le troisième axe de la recherche, qui croise les deux premiers et, à la fois, élargit leur portée philosophique et concentre sur un concept philosophique majeur, celui d’utopie, l’analyse de la puissance critique de la projection.

Avec le concept d’utopie (3ème axe de recherche), on pousse la temporalité jusqu’à l’histoire et on engage l’imagination dans sa dimension à la fois historique et socialement critique. On procèdera par analogie avec les deux axes précédents de manière à assurer la cohérence de ce troisième champ avec les deux premiers. Ainsi, on dessinera à nouveau une cartographie critique, celle des théories et des fictions de l’utopie depuis Thomas More, toujours articulée sur la dialectique ou l’éventuelle dissension du schème continuité-discontinuité. Mais cette cartographie ira encore plus loin : tenant compte d’une relative défiance de la pensée contemporaine à l’égard du concept d’utopie, il s’agira de montrer comment cette défiance se soutient d’une réduction indue des paradoxes du concept d’utopie. Un certain nombre de philosophes contemporains ont ainsi récusé le concept d’utopie tout en mettant en forme – ailleurs, sous d’autres termes ou de manière implicite et parfois inaboutie – les dimensions propres à l’utopie comprise dans toute sa richesse paradoxale. En décrivant ces rendez-vous manqués avec l’utopie, sera précisé aussi comment, à l’inverse, c’est encore une fois le schème continuité-discontinuité (d’autant mieux compris dans ses potentialités qu’il est mis à l’épreuve des axes 1 et 2) qui permet de donner à voir les conditions de la puissance critique de la projection utopique. Ainsi, le travail sur l’utopie, en retour, confirme et prolonge dans les pensées de la concrétude du social-historique ce qui aura été posé comme les conditions temporelles et imaginatives du rapport critique à l’avenir. Horizon permanent de la recherche, l’utopie permet, bien sûr, de penser la puissance critique du rapport à l’avenir mais elle conduira aussi, en fin de compte, à penser les difficultés et les tensions internes à celle-ci. On devra ainsi clarifier la co-implication de l’altération du présent (déjà mobilisée dans la projection temporelle et la mise en crise du présent par l’imagination), qui est comme telle de l’ordre de la déconstruction et de la discontinuité, et de la projection, qui est comme telle de l’ordre de la dynamique et de la continuité instituante.

24
octobre

Séminaire ARC "Philosophie critique de l'à-venir" (à l'USL-B)

– 24/10/2019 – de 14:00 à 17:00

Lecture conjointe de Les noms de l’histoire. Essai de poétique du savoir, de Jacques Rancière (Seuil, 1993)

Intervenant·e·s : à préciser.

15
novembre

Séminaire ARC "Philosophie critique de l'à-venir" (à l'UNamur)

– 15/11/2019 – de 14:00 à 17:00

Lecture conjointe de Les noms de l’histoire. Essai de poétique du savoir, de Jacques Rancière (Seuil, 1993)

Intervenant·e·s : à préciser.

13
décembre

Séminaire ARC "Philosophie critique de l'à-venir" (à l'USL-B)

– 13/12/2019 – de 14:00 à 17:00

Lecture conjointe de Les noms de l’histoire. Essai de poétique du savoir, de Jacques Rancière (Seuil, 1993)

Intervenant·e·s : à préciser.

24
janvier

Séminaire ARC "Philosophie critique de l'à-venir" (à l'UNamur)

– 24/01/2020 – de 14:00 à 17:00

Lecture conjointe de Les noms de l’histoire. Essai de poétique du savoir, de Jacques Rancière (Seuil, 1993)

Intervenant·e·s : à préciser.

21
février

Séminaire ARC "Philosophie critique de l'à-venir" (à l'USL-B)

– 21/02/2020 – de 14:00 à 17:00

Lecture conjointe de Les noms de l’histoire. Essai de poétique du savoir, de Jacques Rancière (Seuil, 1993)

Intervenant·e·s : à préciser.

1 2

Axe 3 – Projet « Langage, action, connaissance »

L’axe de recherche « langage, action et connaissance » vise à explorer des problématiques de philosophie du langage contemporaine dans ses rapports avec la philosophie de l’esprit et de la connaissance.

Les recherches qui y sont menées s’ancrent dans l’héritage de la philosophie analytique inspirée notamment, mais pas exclusivement, des travaux de Ludwig Wittgenstein et de John L. Austin. Elles s’articulent donc autour de la question des usages du langage et de la façon dont l’étude de ces usages nous permet de modifier notre regard sur le monde et de comprendre autrement l’activité philosophique.

De ce point de vue, la philosophie est conçue comme une activité conceptuelle et une activité d’analyse des usages du langage à partir de notre point de vue immanent d’usagers du langage. C’est une philosophie profondément ancrée dans la pratique ordinaire, qui refuse l’idée d’une posture transcendante du discours philosophique et cherche à amarrer ce dernier à notre position de « locuteur compétent ».

L’analyse du langage doit, de ce point de vue, permettre de nous émanciper des embarras philosophiques émanant de la « pulsion de généralité » du philosophe ou des « sortilèges du langage », pour reprendre l’expression de Jacques Bouveresse. En effet, le langage peut nous jouer des tours lorsque nous prétendons employer un mot ou une expression en rompant avec ses usages ordinaires et sans néanmoins avoir fixé le sens nouveau que nous lui accordons. C’est le cas lorsque nous posons, sans les contextualiser, de grandes questions métaphysiques, comme par exemple « Qu’est-ce que l’identité ? », sans dire de quelle identité, de l’identité de quoi nous parlons.

Dans le sillage de cette philosophie du langage, l’axe « langage, action et connaissance » se subdivise en trois sous-axes, qui constituent autant de pistes de dialogue avec l’ensemble des traditions de la philosophie contemporaine, depuis la philosophie analytique jusqu’à la phénoménologie, l’herméneutique et la psychanalyse. En effet, si la philosophie du langage contemporaine s’inscrit historiquement dans l’héritage de la philosophie analytique et anglo-saxonne, les recherches menées dans le cadre de cet axe visent aussi à montrer que les enjeux philosophiques abordés dépassent les clivages d’écoles et permettent d’instaurer un dialogue fructueux au sein de la philosophie contemporaine, pour initier des problématiques nouvelles.

Les trois sous-axes problématiques sont :
(1) « Langage, sens, usages », qui traite plus spécifiquement de questions classiques de philosophie du langage et les articule à des questions sur la nature de l’activité philosophique ;
(2) « Pratiques, actions, intention », qui développe notamment des questions de philosophie de l’esprit et de l’action, mais aussi l’examen épistémologique des sciences humaines directement concernées par ces questions (psychologie, psychanalyse, anthropologie, etc.)  ;
(3) « Connaissance et connaissance de soi », qui s’intéresse à des questions relatives à la philosophie de la connaissance, aux modalités de notre rapport au monde et à nous-même. Ce faisant, il croise les questions développées dans le sous-axe 2.

Ces trois sous-axes ne sont en effet pas indépendants ni exclusifs les uns des autres ; pensons, par exemple, à la question des rapports entre le sens, le vouloir dire et l’intentionnalité, ou encore à la question du rapport des énoncés en première personne à la connaissance de soi, à celle des rapports entre dire et connaître le monde, ou encore à celle des rapports entre connaissance de soi et agentivité.
Les problématiques qui caractérisent ces trois sous-axes sont les suivantes :

Le premier sous axe, « langage, sens, usage », vise à articuler la question du sens et des limites du sens à la façon dont les usages du langage construisent et régulent ce sens. Ces recherches envisagent donc également des questions d’ontologie du sens : comment caractériser le « mode d’existence » de la signification ? Comment le sens émerge-t-il du langage et de ses usages ? Qu’est-ce que la signification ? Quel est son rapport à la référence ? Etc. Elles visent ainsi des questions plus générales comme celle de la nature des rapports du langage au monde, le langage n’étant pas nécessairement pensé comme une simple représentation du monde mais peut-être aussi comme faisant partie intégrante de celui-ci. Elles visent également des questions de méthode et de pratique de la philosophie, par une interrogation sur le rôle de l’analyse du langage en philosophie, sur ce qu’elle permet de construire philosophiquement et sur le dialogue qu’elle engendre avec les questions traditionnelles de la philosophie.
Le corpus de ce sous-axe se développe, de manière non-exclusive, à partir des travaux de Frege, Husserl, Wittgenstein, Austin, Anscombe, Ryle, Davidson, Deleuze, Travis, en revenant également à Aristote et aux réflexions des stoïciens et des médiévaux sur le langage.

Le deuxième sous-axe vise notamment à mettre en exergue les liens entre philosophie du langage, philosophie de l’esprit et philosophie de l’action à travers le concept central d’intention, étudié par Elizabeth Anscombe dans son ouvrage de 1957. Cependant, la portée de ce sous-axe ne se limite pas à cet héritage anscombien et vise plus largement à reposer certaines questions classiques de la philosophie sous l’angle d’une philosophie du langage. Notamment : quel type de lien lie l’intention à l’action qui la réalise ? Quel est le rôle du vouloir dire, d’une intention de signifier, dans la production du sens ? En quoi dire est-ce agir ? Dans quelle mesure la parole peut-elle modifier le monde et faire advenir quelque chose (par exemple, un engagement) ?

Il cherche également à développer des recherches sur les modalités de l’explication de l’action humaine et entre en ce sens dans un dialogue nécessaire avec les sciences humaines, qui développent également cette ambition. D’allure plus épistémologique, ce sous-axe rejoint certaines problématiques développées dans le sous-axe 3.

Le corpus de ce sous-axe se fonde non exclusivement sur les travaux de Anscombe, Austin, Wittgenstein, Sartre, Cavell, Descombes, mais aussi Freud, Meyerson, Elias, Foucault, Hacking, etc.

Le troisième sous-axe, « Connaissance et connaissance de soi », se penche plus spécifiquement sur des questions de philosophie de la connaissance, à travers, d’une part, la question épistémologique des modalités de notre rapport au monde, notamment dans sa médiation par le langage, et, d’autre part, la question des modalités de la connaissance de soi. Tandis que la première question soulève des enjeux relatifs à la philosophie du langage et de la perception (J.L. Austin, C. Travis, T. Crane, J. Benoist), la seconde question soulève en outre des enjeux relatifs au rapport à soi et l’expressivité de soi, notamment dans le discours sur soi (V. Descombes, R. Moran, Ch. Larmore). Elle vise aussi des questions d’ontologie du sujet.

Il n'y a pas d'événements

Axe 4 – Théorie de la littérature, théorie par la littérature

Cet axe de recherche, débutant en septembre 2019, se concentrera sur des problématiques propres au domaine de la théorie de la littérature ou de la philosophie de la littérature. Au sein d’un séminaire de recherche organisé dans le cadre de cet axe, on travaillera sur des concepts ou notions qui constituent les outils que mobilisent les études littéraires ou l’analyse littéraire. Ce travail d’élucidation aura pour horizon de réflexion plus global une interrogation sur la singularité de la littérature au sein des autres discours et productions textuelles, comme au sein du champ artistique en général. Ainsi, l’un des objectifs principaux du séminaire, à travers le travail d’approfondissement et de clarification des concepts fondamentaux de la poétique, sera de mettre en lumière les procédés inventés par la littérature pour se doter à la fois d’une capacité épistémologique et d’une force critique. Par « capacité épistémologique », on entend la capacité du littéraire à rentrer en dialogue avec les différentes disciplines scientifiques, comme avec toutes les sources de savoir, tant pour en interroger les postulats que pour contribuer à un processus de renouvellement théorique constant. Par « force critique », on désigne la capacité de la littérature à analyser, cartographier les discours et représentations qui forment notre espace social afin d’en donner une image distanciée et d’exercer sur ceux-ci une puissance transformatrice.

Concrètement, ce séminaire de recherche se veut un lieu de travail collectif, privilégiant une approche d’analyse et de commentaire des textes (théoriques ou littéraires). Seront ainsi choisies une ou plusieurs références qui serviront de base pour un travail d’élaboration commun. Occasionnellement, une séance pourra être consacrée à l’exposé d’un invité extérieur, auteur d’un texte étudié ou spécialiste de la question traitée. Il apparaît donc nécessaire que chacun s’approprie les références choisies pour prendre activement part à ce séminaire. À cette condition, le séminaire est bien entendu ouvert à tous.

Pour tout renseignement complémentaire, la personne de contact, responsable de l’organisation de cet axe de recherche, est Isabelle Ost (isabelle.ost@usaintlouis.be).

20
septembre

Théorie de la littérature - séance 1 présentée par Manon Delcour et Martin Mees

– 20/09/2019 – de 14:00 à 16:30

Salle du Conseil, Université Saint-Louis – Bruxelles

25
octobre

Théorie de la littérature - séance 2 présentée par Olivier Hambursin, Isabelle Ost et Alice Richir

– 25/10/2019 – de 14:00 à 16:30

Salle du Conseil, Université Saint-Louis – Bruxelles

29
novembre

Théorie de la littérature - séance 3 présentée par Emilie Belsack, Claire Lozier et Arnaud Timmermans

– 29/11/2019 – de 14:00 à 16:30

Local P61, Université Saint-Louis – Bruxelles

Axe 5 – Séminaire « Ecriture et témoignages »

Le témoignage écrit constitue un genre hybride au croisement de la fiction littéraire, du compte-rendu historique, de l’autobiographie, du journal intime, de l’essai historique ou de la réflexion philosophique sur la nature humaine. Dans « l’ère du témoin » actuelle (Wieviorka), où les témoignages se multiplient sous forme d’enregistrements audio ou vidéo, de textes et documents divers, notre attention se porte en premier lieu vers ceux qui, soumis au processus d’écriture, deviennent de véritables récits. Le séminaire de recherche « Ecriture et témoignage » entre dans sa seconde année de travail. Il se propose comme lieu de rencontre et de discussion interdisciplinaire autour d’un sujet destiné initialement aux chercheurs en littérature mais ouvert également à d’autres spécialistes : historiens, psychologues, juristes, linguistes, traducteurs. Une fois par mois, les organisateurs du séminaire invitent un(e) spécialiste dans un domaine de recherche spécifique et toujours différent, pour donner une communication en rapport avec la notion et la pratique du témoignage. Chaque conférence se prolonge par une discussion collective.

Le séminaire a désormais le statut de séminaire interuniversitaire, reconnu par l’Ecole Doctorale « Langues, Lettres et Traductologie » près le FNRS (ED 3)

Il n'y a pas d'événements

Axe 6 – Projet PDR « Iconologies, sensibilité, temporalité »

Ce projet, mené en collaboration avec les chercheurs en esthétique de l’Université de Liège, vise à rendre corps à l’expérience esthétique. La tradition iconologique, qui a innervé tout le champ de l’esthétique et de la philosophie de l’art au XXème siècle, a apporté une contribution à l’intelligibilité des œuvres qui reste essentielle. Mais pour autant, elle a payé le prix de cette intelligibilité d’un sacrifice de certains modes de la sensibilité dans le rapport aux œuvres. Le premier sacrifice a été celui des sens eux-mêmes. Ou plus exactement, des sens autres que la vision. Il s’est agi d’un isolement du regard esthétique, comme s’il n’avait pas partie liée à l’ouïe, au toucher, à l’olfaction. L’iconologie a ainsi notamment contribué à une occultation de toute dimension synesthésique. Mais corrélativement, en instituant ainsi le privilège de l’œil, l’iconologie a aussi tendu à consacrer celui-ci dans son univocité et son infaillibilité – le second sacrifice de l’iconologie. L’œil est-il incorruptible ? Certes non, et il faut bien plutôt faire droit à sa temporalité et à son historicité. Rendre corps à l’expérience esthétique, c’est dès lors à la fois restituer le visible dans son commerce avec les autres sens et penser le regard dans ses défaillances et limites qui sont constituantes de l’expérience esthétique.

Ce projet ne vise pas à disqualifier l’iconologie, mais à l’enrichir en la complexifiant : d’une part, dans la prise en vue d’expériences esthétiques contemporaines, en l’ouvrant à la synesthésie ; d’autre part, en remobilisant dans les textes fondateurs de l’iconologie ses ambiguïtés et son rapport à l’historicité et à la fragilité de l’intelligibilité des œuvres.

Un programme est en cours d’élaboration.

4
octobre

Séminaire PDR "Iconologies, sensibilité, temporalité" (à l'ULg)

– 04/10/2019 – de 15:00 à 18:00

Séminaire I – Essais d’iconologie (Panofsky)

Intervenant·e·s : à préciser.

8
novembre

Séminaire PDR "Iconologies, sensibilité, temporalité" (à l'USL-B)

– 08/11/2019 – de 15:00 à 18:00

Séminaire I – Essais d’iconologie (Panofsky)

Intervenant·e·s : à préciser.

20
décembre

Séminaire PDR "Iconologies, sensibilité, temporalité" (à l'ULg)

– 20/12/2019 – de 15:00 à 18:00

Séminaire I – Essais d’iconologie (Panofsky)

Intervenant·e·s : à préciser.

17
janvier

Séminaire PDR "Iconologies, sensibilité, temporalité" (à l'USL-B)

– 17/01/2020 – de 15:00 à 18:00

Séminaire I – Essais d’iconologie (Panofsky)

Intervenant·e·s : à préciser.

Axe 7 – Forum Interdisciplinaire des Jeunes Chercheurs (FIJEC)

À l’initiative des membres scientifiques du Centre Prospéro, le FIJEC réunit mensuellement les doctorants du Centre ainsi que les jeunes collaborateurs extérieurs de celui-ci pour des séances de travail autour des différentes recherches doctorales en cours.

Il n'y a pas d'événements

Axe 8 – Groupe de recherches Castoriadis

Le Groupe de Recherches Castoriadis se donne pour objectif de favoriser un débat interdisciplinaire vivant autour de la pensée de Cornélius Castoriadis. L’oeuvre de Castoriadis nous semble aujourd’hui trop peu connue au regard de la richesse conceptuelle qu’elle recèle et de l’intérêt qu’elle peut dès lors représenter pour d’autres courants philosophiques et pour la plupart des sciences humaines. Elle nous paraît pouvoir enrichir de nombreux débats actuels dans le champ de la philosophie, des études littéraires, de la linguistique, de la psychologie, de l’anthropologie, de l’histoire, des sciences sociales et politiques, des sciences juridiques. Elle est susceptible de favoriser la rencontre interdisciplinaire entre des thématiques de recherches naturellement trop enserrées dans des champs scientifiques institués. Il ne s’agit donc pas pour ce Groupe d’entamer un travail hagiographique ni de développer une activité de recherche concentrée exclusivement sur les textes de Castoriadis, mais bien de profiter des nombreux enjeux de cette oeuvre pour en faire un objet de débat et l’un des outils de la pensée contemporaine.
Le Groupe de Recherches Castoriadis prend en charge la publication des actes des journées d’étude qu’il organise, sous la forme de « Cahiers Castoriadis ».

Il n'y a pas d'événements