Axe 1 – Séminaire « Forme, formation, déformation »

Si la notion de forme a posé et pose encore question à la pensée, c’est sans doute pour une bonne part parce qu’elle ne se révèle que dans ce binôme en tension qu’elle constitue avec le fond ou le contenu, et cela quand bien même l’on s’efforce de disqualifier tout dualisme artificiel de l’un à l’autre. Il semble que ce jeu de contraste fasse toujours retour. Voilà qui annonce la complexité et les paradoxes de la notion de forme que le Centre Prospéro. Langage, image et connaissance explore depuis l’année académique 2016-2017, en pratiquant une recherche interdisciplinaire, mais privilégiant les disciplines littéraires et philosophiques.

Nous nous attachons, dans un premier temps, à clarifier ce que les orientations de recherche du Centre Prospéro, les disciplines et les courants de pensée qu’il mobilise, entendent par la notion de forme et ce que ces ententes impliquent. Il s’agira dans le même temps de mener un travail de clarification en vue d’éviter les diverses confusions que peut générer un usage trop fréquent et indistinct du terme de « forme ».

Nous investiguons la richesse de la notion de forme dans les champs épistémologique, narratif, esthétique, historique, politique et social en distinguant plusieurs axes de questionnement :

  1. Forme-fond. Prenant à bras le corps le paradoxe énoncé plus haut, nous nous interrogerons sur les dualismes que la pensée de la forme génère et combat tout à la fois. Peut-on penser la forme sans définir le statut de ce qu’elle forme ou in-forme ?
  2. Forme-contexte. Dans le prolongement de l’axe 1, on observera que s’il convient de récuser tout universalisme abstrait de la forme, la question reste cependant posée de la mise en situation de la forme et de l’articulation de l’universel et du singulier/particulier dans la forme elle-même : relation de la forme au sens, formes de vie, formes de l’intuition, information de la matière etc. Emergent alors nécessairement aussi les enjeux d’une éthique de la forme.
  3. Forme-transformation. La dynamique de la forme sera étudiée sous différentes figures : métamorphoses, création et créativité des formes, formation (au sens de la Bildung), relation à l’histoire etc.
  4. Forme-informe. Quelles sont les modalités d’échec ou d’effondrement de la forme ? Penser la forme exige de poser au moins l’hypothèse de l’impossibilité de la forme, de l’informe, ou encore d’une forme vide.
  5. Performer. Peut-on penser une performativité et une performance du sens (perceptif, social, littéraire ou philosophique) sans forme ? Le terme même de performativité requiert la forme. Mais est-ce à bon droit ? Quel est le lien entre forme et performativité ?

Le séminaire alterne des séances internes entre membres du Centre Prospéro et des séances autour de contributions d’invités scientifiques de renom international.

Séances de séminaire à venir

24
novembre

Séance de travail interne - Interventions de Isabelle Ost, Joëlle Lints, Quentin Landenne, Anaïs Jomat

– 24/11/2017 – de 14:00 à 17:00

Forme, formation, déformation
Séminaire 2017-2018 du Centre Prospéro. Langage, image et connaissance

8
décembre

Sylvaine Gourdain (Université Saint-Louis - Bruxelles) « La question de la forme dans une phénoménologie des images de l’invisible »

– 08/12/2017 – de 14:00 à 17:00

Forme, formation, déformation
Séminaire 2017-2018 du Centre Prospéro. Langage, image et connaissance

26
janvier

Philippe Grosos (Université de Poitiers) « Esthétique, forme, existence »

– 26/01/2018 – de 14:00 à 17:00

Forme, formation, déformation
Séminaire 2017-2018 du Centre Prospéro. Langage, image et connaissance

23
février

Alice Richir (Université Saint-Louis – Bruxelles) « Lorsque le rideau se lève : exposition, dévoilement et effondrement de la forme chez Tanguy Viel »

– 23/02/2018 – de 14:00 à 17:00

Forme, formation, déformation
Séminaire 2017-2018 du Centre Prospéro. Langage, image et connaissance

23
mars

Manuel Rebuschi (Université de Lorraine) « Descriptions, interprétations et modalités »

– 23/03/2018 – de 14:00 à 17:00

Forme, formation, déformation
Séminaire 2017-2018 du Centre Prospéro. Langage, image et connaissance

1 2

Axe 2 – Projet ARC « Philosophie critique de l’à-venir. Temporalité, imagination, utopie »

 

Ce projet, mené en collaboration avec le centre ESPHIN de l’Université de Namur, s’inquiète de la dimension critique de notre rapport à l’à-venir. Ou, pour le dire autrement, il vise à étudier (y compris en les croisant) les différentes modalités de la puissance critique générée par la dimension projective de notre temporalité vécue, que ce soit individuellement ou collectivement. L’hypothèse qui sous-tend la recherche consiste en ceci que le couple conceptuel « continuité-discontinuité », très présent dans la philosophie moderne et contemporaine, fût-ce de manière implicite, est le plus à même de libérer cette puissance critique. Pour autant, l’analyse devra faire également droit à la capacité de la pensée philosophique à étouffer cette puissance lorsqu’elle déséquilibre la dialectique de la continuité et de la discontinuité au profit d’un des deux termes. Le projet consistera donc, en ses différentes composantes (axes et équipes de recherche), à dresser une cartographie des refus de la puissance critique et à dessiner les conditions de cette dernière – dans les deux cas : à même le schème continuité-discontinuité, dans les dissensions et intrications de ses termes.

L’enquête commencera par la temporalité elle-même (premier axe de recherche). Il s’agira ici d’investir d’abord les traditions phénoménologiques et herméneutiques, tout en laissant une place à d’autres perspectives théoriques qui permettent d’aborder de façon exemplaire le schème continuité-discontinuité – par exemple la controverse entre Bergson et Bachelard. On privilégiera la façon dont différents philosophes (Ricœur, Derrida, Henry, Levinas etc.) ont réceptionné les travaux de Husserl sur la conscience intime du temps. Une attention toute particulière sera portée à la façon dont ces auteurs reprennent et déplacent certaines des distinctions conceptuelles fondamentales qui structurent l’analyse husserlienne sur le temps, en particulier celles entre rétention et souvenir secondaire ou entre protention et projet conscient. Le maintien ou le déplacement de ces distinctions conceptuelles met en jeu à chaque fois un type de rapport entre continuité et discontinuité qui engage systématiquement une certaine façon d’articuler rapport au passé et rapport au futur. Sur fond de ces analyses, il s’agira d’établir rigoureusement le type de rapport à l’avenir qui est impliqué par tel ou tel type d’articulation entre continuité et discontinuité et de dégager ainsi les conditions à même la structure temporelle d’une projection critique dans son rapport au présent, en prenant en considération également la dimension de la narrativité et de la discursivité.

Mais dans cette conscience intime du temps, éminemment dans son rapport à l’avenir, l’intentionnalité est multimodale et implique aussi bien l’imagination que la perception ou la signification, ces trois modes se recouvrant de façon à chaque fois variée dans les actes de conscience. Le mode imaginatif de l’intentionnalité, prenant lui-même des formes diverses et complexes (conscience d’image, présentifications etc.), ouvre au rôle – à même un présent pétri d’absence – de ce qui n’est pas donné en chair et en os et ainsi complexifie le présent, tantôt participant à sa constitution, tantôt la mettant potentiellement en crise. Ainsi, la crise ou la critique du présent que « joue » l’imagination se situe à la fois dans une co-originarité avec la perception du présent et au-delà de celui-ci (deuxième axe de recherche). Partant de ce principe de co-originarité constituante et critique, une enquête archéologique sera menée sur les différentes philosophies modernes de l’imagination pour explorer les modalités selon lesquelles elles mettent en œuvre ou étouffent la puissance critique de cette co-originarité. De nouveau, on mobilisera le schème continuité-discontinuité pour établir dans un premier temps une cartographie critique de la mise en œuvre par les théories de l’imagination d’une telle dialectique ou de la neutralisation de cette dialectique par distension entre les termes. L’enquête débutera avec la Renaissance pour se projeter jusqu’au XXème siècle, sans prétendre, pour autant, à une illusoire exhaustivité. On s’attachera à quelques moments phares de l’histoire complexe de la philosophie moderne de l’imagination qui permettront de mettre à l’épreuve l’hypothèse sur l’opérationnalité du schème. Au-delà de cette indispensable cartographie critique, on portera une attention toute particulière à deux pensées de la co-originarité de la perception et de l’imagination qui paraissent pousser au plus loin la puissance critique de la projection imaginative en articulant continuité et discontinuité : on convoquera la pensée de Gaston Bachelard pour montrer comment, à l’opposé du cliché qui voudrait que celle-ci fût irréductiblement binaire (philosophie des sciences versus poétique des images), la philosophie de l’imagination de Bachelard naît de ses investigations épistémologiques mêmes et surtout de la prise de conscience du fait que l’on ne peut comprendre l’acte scientifique que dans sa dimension historique, entre continuité et discontinuité. La pensée de l’imagination se déploie alors à partir du schème continuité-discontinuité investi par son épistémologie historique. Dans le prolongement d’une telle investigation, On sera amené à faire droit également au « discontinuisme » épistémologique d’un Foucault. Le second auteur qui sera privilégié n’est autre que Cornelius Castoriadis. Le rôle que celui-ci attribue à l’imagination dans l’institution de la société nous permettra d’explorer la puissance critique du schème continuité-discontinuité dans la portée sociale-historique de l’imagination et d’ouvrir ainsi notre champ de recherche à la temporalité collective et à l’histoire.
Cette nouvelle ouverture a deux conséquences sur la construction du projet. D’une part, elle permet de revenir avec fruit sur le premier axe, celui de la temporalité : les acquis concernant la puissance critique de l’imagination doivent être en retour remobilisés pour creuser le rôle de l’absence, du non-advenu dans la construction de la temporalité et tout particulièrement de la projection qui la constitue. D’autre part, l’ouverture à la question du social-historique esquisse déjà le troisième axe de la recherche, qui croise les deux premiers et, à la fois, élargit leur portée philosophique et concentre sur un concept philosophique majeur, celui d’utopie, l’analyse de la puissance critique de la projection.

Avec le concept d’utopie (3ème axe de recherche), on pousse la temporalité jusqu’à l’histoire et on engage l’imagination dans sa dimension à la fois historique et socialement critique. On procèdera par analogie avec les deux axes précédents de manière à assurer la cohérence de ce troisième champ avec les deux premiers. Ainsi, on dessinera à nouveau une cartographie critique, celle des théories et des fictions de l’utopie depuis Thomas More, toujours articulée sur la dialectique ou l’éventuelle dissension du schème continuité-discontinuité. Mais cette cartographie ira encore plus loin : tenant compte d’une relative défiance de la pensée contemporaine à l’égard du concept d’utopie, il s’agira de montrer comment cette défiance se soutient d’une réduction indue des paradoxes du concept d’utopie. Un certain nombre de philosophes contemporains ont ainsi récusé le concept d’utopie tout en mettant en forme – ailleurs, sous d’autres termes ou de manière implicite et parfois inaboutie – les dimensions propres à l’utopie comprise dans toute sa richesse paradoxale. En décrivant ces rendez-vous manqués avec l’utopie, sera précisé aussi comment, à l’inverse, c’est encore une fois le schème continuité-discontinuité (d’autant mieux compris dans ses potentialités qu’il est mis à l’épreuve des axes 1 et 2) qui permet de donner à voir les conditions de la puissance critique de la projection utopique. Ainsi, le travail sur l’utopie, en retour, confirme et prolonge dans les pensées de la concrétude du social-historique ce qui aura été posé comme les conditions temporelles et imaginatives du rapport critique à l’avenir. Horizon permanent de la recherche, l’utopie permet, bien sûr, de penser la puissance critique du rapport à l’avenir mais elle conduira aussi, en fin de compte, à penser les difficultés et les tensions internes à celle-ci. On devra ainsi clarifier la co-implication de l’altération du présent (déjà mobilisée dans la projection temporelle et la mise en crise du présent par l’imagination), qui est comme telle de l’ordre de la déconstruction et de la discontinuité, et de la projection, qui est comme telle de l’ordre de la dynamique et de la continuité instituante.

1
décembre

Séminaire ARC "Philosophie critique de l'à-venir" 3/6

– 01/12/2017 – de 14:00 à 17:00

La troisième séance consacrée à la lecture de Sur le concept d’histoire de Walter Benjamin aura lieu ce vendredi 1er décembre,
de 14 à 17 h.
Les intervenants seront Quentin Landenne (Prospéro/USL-B) et Améile Ruyssen (ESPHIN/UNamur).

19
janvier

Séminaire ARC "Philosophie critique de l'à-venir" 4/6

– 19/01/2018 – de 14:00 à 17:00

La quatrième séance consacrée à la lecture de Sur le concept d’histoire de Walter Benjamin aura lieu ce vendredi 19 janvier, de 14 à 17 h.
Les intervenants seront Victoire Feuillebois (Prospéro/USL-B) et Louis Carré (ESPHIN/UNamur).

16
février

Séminaire ARC "Philosophie critique de l'à-venir" 5/6

– 16/02/2018 – de 14:00 à 17:00

La cinquième séance consacrée à la lecture de Sur le concept d’histoire de Walter Benjamin aura lieu ce vendredi 16 février, de 14 à 17 h.
Les intervenants seront Romain Karsenty (Prospéro/USL-B) et Salomé Frémineur.

30
mars

Séminaire ARC "Philosophie critique de l'à-venir" 6/6

– 30/03/2018 – de 14:00 à 17:00

La sixième séance consacrée à la lecture de Sur le concept d’histoire de Walter Benjamin aura lieu ce vendredi 30 mars,
de 14 à 17 h.

Les intervenants seront Daniele Lorenzini (Prospéro/USL-B) et Amaury Delvaux (ESPHIN/UNamur).

Axe 3 – Projet « Langage, action, connaissance »

L’axe de recherche « langage, action et connaissance » vise à explorer des problématiques de philosophie du langage contemporaine dans ses rapports avec la philosophie de l’esprit et de la connaissance.

Les recherches qui y sont menées s’ancrent dans l’héritage de la philosophie analytique inspirée notamment, mais pas exclusivement, des travaux de Ludwig Wittgenstein et de John L. Austin. Elles s’articulent donc autour de la question des usages du langage et de la façon dont l’étude de ces usages nous permet de modifier notre regard sur le monde et de comprendre autrement l’activité philosophique.

De ce point de vue, la philosophie est conçue comme une activité conceptuelle et une activité d’analyse des usages du langage à partir de notre point de vue immanent d’usagers du langage. C’est une philosophie profondément ancrée dans la pratique ordinaire, qui refuse l’idée d’une posture transcendante du discours philosophique et cherche à amarrer ce dernier à notre position de « locuteur compétent ».

L’analyse du langage doit, de ce point de vue, permettre de nous émanciper des embarras philosophiques émanant de la « pulsion de généralité » du philosophe ou des « sortilèges du langage », pour reprendre l’expression de Jacques Bouveresse. En effet, le langage peut nous jouer des tours lorsque nous prétendons employer un mot ou une expression en rompant avec ses usages ordinaires et sans néanmoins avoir fixé le sens nouveau que nous lui accordons. C’est le cas lorsque nous posons, sans les contextualiser, de grandes questions métaphysiques, comme par exemple « Qu’est-ce que l’identité ? », sans dire de quelle identité, de l’identité de quoi nous parlons.

Dans le sillage de cette philosophie du langage, l’axe « langage, action et connaissance » se subdivise en trois sous-axes, qui constituent autant de pistes de dialogue avec l’ensemble des traditions de la philosophie contemporaine, depuis la philosophie analytique jusqu’à la phénoménologie, l’herméneutique et la psychanalyse. En effet, si la philosophie du langage contemporaine s’inscrit historiquement dans l’héritage de la philosophie analytique et anglo-saxonne, les recherches menées dans le cadre de cet axe visent aussi à montrer que les enjeux philosophiques abordés dépassent les clivages d’écoles et permettent d’instaurer un dialogue fructueux au sein de la philosophie contemporaine, pour initier des problématiques nouvelles.

Les trois sous-axes problématiques sont :
(1) « Langage, sens, usages », qui traite plus spécifiquement de questions classiques de philosophie du langage et les articule à des questions sur la nature de l’activité philosophique ;
(2) « Pratiques, actions, intention », qui développe notamment des questions de philosophie de l’esprit et de l’action, mais aussi l’examen épistémologique des sciences humaines directement concernées par ces questions (psychologie, psychanalyse, anthropologie, etc.)  ;
(3) « Connaissance et connaissance de soi », qui s’intéresse à des questions relatives à la philosophie de la connaissance, aux modalités de notre rapport au monde et à nous-même. Ce faisant, il croise les questions développées dans le sous-axe 2.

Ces trois sous-axes ne sont en effet pas indépendants ni exclusifs les uns des autres ; pensons, par exemple, à la question des rapports entre le sens, le vouloir dire et l’intentionnalité, ou encore à la question du rapport des énoncés en première personne à la connaissance de soi, à celle des rapports entre dire et connaître le monde, ou encore à celle des rapports entre connaissance de soi et agentivité.
Les problématiques qui caractérisent ces trois sous-axes sont les suivantes :

Le premier sous axe, « langage, sens, usage », vise à articuler la question du sens et des limites du sens à la façon dont les usages du langage construisent et régulent ce sens. Ces recherches envisagent donc également des questions d’ontologie du sens : comment caractériser le « mode d’existence » de la signification ? Comment le sens émerge-t-il du langage et de ses usages ? Qu’est-ce que la signification ? Quel est son rapport à la référence ? Etc. Elles visent ainsi des questions plus générales comme celle de la nature des rapports du langage au monde, le langage n’étant pas nécessairement pensé comme une simple représentation du monde mais peut-être aussi comme faisant partie intégrante de celui-ci. Elles visent également des questions de méthode et de pratique de la philosophie, par une interrogation sur le rôle de l’analyse du langage en philosophie, sur ce qu’elle permet de construire philosophiquement et sur le dialogue qu’elle engendre avec les questions traditionnelles de la philosophie.
Le corpus de ce sous-axe se développe, de manière non-exclusive, à partir des travaux de Frege, Husserl, Wittgenstein, Austin, Anscombe, Ryle, Davidson, Deleuze, Travis, en revenant également à Aristote et aux réflexions des stoïciens et des médiévaux sur le langage.

Le deuxième sous-axe vise notamment à mettre en exergue les liens entre philosophie du langage, philosophie de l’esprit et philosophie de l’action à travers le concept central d’intention, étudié par Elizabeth Anscombe dans son ouvrage de 1957. Cependant, la portée de ce sous-axe ne se limite pas à cet héritage anscombien et vise plus largement à reposer certaines questions classiques de la philosophie sous l’angle d’une philosophie du langage. Notamment : quel type de lien lie l’intention à l’action qui la réalise ? Quel est le rôle du vouloir dire, d’une intention de signifier, dans la production du sens ? En quoi dire est-ce agir ? Dans quelle mesure la parole peut-elle modifier le monde et faire advenir quelque chose (par exemple, un engagement) ?

Il cherche également à développer des recherches sur les modalités de l’explication de l’action humaine et entre en ce sens dans un dialogue nécessaire avec les sciences humaines, qui développent également cette ambition. D’allure plus épistémologique, ce sous-axe rejoint certaines problématiques développées dans le sous-axe 3.

Le corpus de ce sous-axe se fonde non exclusivement sur les travaux de Anscombe, Austin, Wittgenstein, Sartre, Cavell, Descombes, mais aussi Freud, Meyerson, Elias, Foucault, Hacking, etc.

Le troisième sous-axe, « Connaissance et connaissance de soi », se penche plus spécifiquement sur des questions de philosophie de la connaissance, à travers, d’une part, la question épistémologique des modalités de notre rapport au monde, notamment dans sa médiation par le langage, et, d’autre part, la question des modalités de la connaissance de soi. Tandis que la première question soulève des enjeux relatifs à la philosophie du langage et de la perception (J.L. Austin, C. Travis, T. Crane, J. Benoist), la seconde question soulève en outre des enjeux relatifs au rapport à soi et l’expressivité de soi, notamment dans le discours sur soi (V. Descombes, R. Moran, Ch. Larmore). Elle vise aussi des questions d’ontologie du sujet.

27
novembre

Séminaire de lecture Langage, Action, Vérité - séance 2/5 : Jeanne-Marie Roux (USL-B)

– 27/11/2017 – de 10:30 à 13:00

Séminaire de lecture « Langage, Action, Vérité » – séance 2/5
Jeanne-Marie Roux (Université Saint-Louis – Bruxelles)

19
février

Séminaire de lecture Langage, Action, Vérité - séance 3/5 : Sylvaine Gourdain (USL-B)

– 19/02/2018 – de 10:30 à 13:00

Séminaire de lecture « Langage, Action, Vérité » – séance 3/5
Sylvaine Gourdain (Université Saint-Louis – Bruxelles)

26
mars

Séminaire de lecture Langage, Action, Vérité - séance 4/5 : Valérie Aucouturier (USL-B)

– 26/03/2018 – de 10:30 à 13:00

Séminaire de lecture « Langage, Action, Vérité » – séance 4/5
Valérie Aucouturier (Université Saint-Louis – Bruxelles)

14
mai

Séminaire de lecture Langage, Action, Vérité - séance 5/5 : Anaïs Jomat (USL-B)

– 14/05/2018 – de 10:30 à 13:00

Séminaire de lecture « Langage, Action, Vérité » – séance 5/5
Anaïs Jomat (Université Saint-Louis – Bruxelles)

Axe 4 – Centre Arts et Performance (CAP)

Le CAP (Centre Arts et performance) se consacre essentiellement aux arts de la scène (théâtre, danse, etc.) et cherche à promouvoir les rencontres et le dialogue entre théoriciens et praticiens, en inventant
 notamment de nouveaux dispositifs d’interaction (ateliers pratiques et exposés théoriques dans la même journée etc.). Plus particulièrement, les travaux actuels portent sur la notion même de performance.

Au carrefour de la danse, du théâtre, des arts plastiques et du multi-média, la performance constitue aujourd’hui un domaine incontournable des arts du spectacle vivant. Mais de quelle(s) performance(s) parle-t-on exactement ? Si toutes mettent en question le cadre hérité de la représentation (mimèsis) et cherchent à réintroduire dans le spectacle les dimensions de l’événement, de l’inattendu, de l’imprévisible et de l’éphémère, ainsi qu’une forme de collaboration avec les spectateurs, dès lors invités à quitter leur position passive pour se faire les co-actants de la performance, il n’en reste pas moins que chaque artiste performeur/euse développe une démarche éminemment singulière.

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Axe 5 – Séminaire « Ecriture et témoignages »

Le témoignage écrit constitue un genre hybride au croisement de la fiction littéraire, du compte-rendu historique, de l’autobiographie, du journal intime, de l’essai historique ou de la réflexion philosophique sur la nature humaine. Dans « l’ère du témoin » actuelle (Wieviorka), où les témoignages se multiplient sous forme d’enregistrements audio ou vidéo, de textes et documents divers, notre attention se porte en premier lieu vers ceux qui, soumis au processus d’écriture, deviennent de véritables récits. Le séminaire de recherche « Ecriture et témoignage » entre dans sa seconde année de travail. Il se propose comme lieu de rencontre et de discussion interdisciplinaire autour d’un sujet destiné initialement aux chercheurs en littérature mais ouvert également à d’autres spécialistes : historiens, psychologues, juristes, linguistes, traducteurs. Une fois par mois, les organisateurs du séminaire invitent un(e) spécialiste dans un domaine de recherche spécifique et toujours différent, pour donner une communication en rapport avec la notion et la pratique du témoignage. Chaque conférence se prolonge par une discussion collective.

Le séminaire a désormais le statut de séminaire interuniversitaire, reconnu par l’Ecole Doctorale « Langues, Lettres et Traductologie » près le FNRS (ED 3)

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Axe 6 – Séminaire « (Re)configurer le sensible. Approches esthétiques, approches politiques : confrontation avec l’œuvre de Jacques Rancière »

Le séminaire a pour objectif de rassembler des jeunes chercheurs d’universités, de disciplines (philosophie, études littéraires, théâtrales et cinématograpiques, histoire de l’art…) et d’orientations différentes en leur proposant d’interroger, dans les travaux de Rancière et à la lumière de ceux-ci, la façon dont esthétique et politique partagent le réel sensible, opèrent une division et une distribution des espaces, des temps et des pratiques.

Ayant orienté sa réflexion vers des questionnements portant sur l’idéologie et la représentation, Jacques Rancière est l’auteur d’une œuvre riche, située à l’interpénétration de différents champs de la philosophie, tant politique qu’esthétique. Interrogeant les couples notionnels qui structurent, dans la seconde moitié du XXe siècle, les modes de pensée (activité/passivité, regarder/savoir, émancipation/aliénation, apparence/réalité, cause/effet, collectif/individuel, entre autres), sa réflexion vise non seulement à (r)établir les conditions d’intelligibilité d’une démarche sur l’esthétique et la politique mais aussi à étudier les tensions et liens qui se tissent entre l’une et l’autre

Rancière s’attache donc à démontrer comment esthétique et politique, dans leurs pratiques concrètes, articulent des manières de dire et de faire, des formes de visibilité, des modes de pensabilité et permettent par là de reconfigurer nos représentations du sensible, de nouer de nouveaux rapports avec celui-ci et de changer les coordonnées du représentable.

Dans ce séminaire, nous invitons les jeunes chercheurs à analyser comment art et politique peuvent s’appréhender comme « formes de dissensus », c’est-à-dire comme des « opérations de reconfiguration de l’expérience commune du sensible ».

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Axe 7 – Forum Interdisciplinaire des Jeunes Chercheurs (FIJEC)

À l’initiative des membres scientifiques du Centre Prospéro, le FIJEC réunit mensuellement les doctorants du Centre ainsi que les jeunes collaborateurs extérieurs de celui-ci pour des séances de travail autour des différentes recherches doctorales en cours.

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Axe 8 – Groupe de recherches Castoriadis

Le Groupe de Recherches Castoriadis se donne pour objectif de favoriser un débat interdisciplinaire vivant autour de la pensée de Cornélius Castoriadis. L’oeuvre de Castoriadis nous semble aujourd’hui trop peu connue au regard de la richesse conceptuelle qu’elle recèle et de l’intérêt qu’elle peut dès lors représenter pour d’autres courants philosophiques et pour la plupart des sciences humaines. Elle nous paraît pouvoir enrichir de nombreux débats actuels dans le champ de la philosophie, des études littéraires, de la linguistique, de la psychologie, de l’anthropologie, de l’histoire, des sciences sociales et politiques, des sciences juridiques. Elle est susceptible de favoriser la rencontre interdisciplinaire entre des thématiques de recherches naturellement trop enserrées dans des champs scientifiques institués. Il ne s’agit donc pas pour ce Groupe d’entamer un travail hagiographique ni de développer une activité de recherche concentrée exclusivement sur les textes de Castoriadis, mais bien de profiter des nombreux enjeux de cette oeuvre pour en faire un objet de débat et l’un des outils de la pensée contemporaine.
Le Groupe de Recherches Castoriadis prend en charge la publication des actes des journées d’étude qu’il organise, sous la forme de « Cahiers Castoriadis ».

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